News 2015

La Directrice Générale de l’IAO intervient sur les Développements Actuels de la Situation au Mali à l’Institut pour la Théologie et la Paix, Hambourg, Allemagne

Presentation DTPr Djénéba Traoré, a animé le 16 Novembre 2015 à l’Institut de Recherche sur la Théologie et la Paix de Hambourg une table ronde sur les récents développements de la situation au Mali. Les participants étaient des Experts de l’Afrique de l’Ouest  et les membres de l’Institut d’Etudes sur la Paix et la Politique Sécuritaire, ainsi que de l’Institut Allemand d’Etudes Globales et  Spécialisées.

Pr Traoré a débuté son exposé en présentant les généralités sur la République du Mali, en l’occurrence sa superficie: 1 241 000 Km2 dont 60%  désertique, ses frontières avec sept pays: au nord l’Algérie, au sud la Côte d’Ivoire et la Guinée Conakry, à l’est le Burkina Faso et le Niger et à l’ouest par le Sénégal et la Mauritanie. Comptant une population de 17 086 022 (Banque Mondiale 2014), dont 94,8% de musulmans et 2,4% de chrétiens, le Mali enregistre une espérance de vie 55 ans (2013), un taux d’alphabétisation de 33,4% (UNICEF 2012), un index de développement humain 176/187 pays (PNUD 2013), un taux de croissance 7,2% (FMI- 2014) et un nombre de migrants s’élevant à 67 646 pour l’année 2015. L’économie est basée sur l’agriculture et l‘élevage, l’exportation de l’or (50 tonnes en 2012) et du coton.

La Directrice Générale de l’IAO a souligné que la crise qui a touché de plein fouet le Mali en 2012 était de deux ordres : institutionnelle avec le coup d’Etat du 22 mars 2012 et sécuritaire, suite aux attaques de la rébellion armée du Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA) et des groupes terroristes salafistes. Elle a également rappelé que le Mali avait connu en 1963 une première révolte touarègue sévèrement réprimée par l’armée malienne et en 1990 une rébellion armée qui donnera lieu au Pacte National dont les accords furent signés à Tamarasset, le 6 janvier 1991. Ces accords étaient axés sur la démilitarisation des 6ème et 7ème régions et sur l’intégration des anciens combattants de la rébellion dans les Forces Armées Maliennes dans les conditions définies de commun accord entre les deux parties.

Dans les faits, ce que l’on a dénommé « crise malienne » débute en janvier 2012 avec la bataille d’Aguel’hoc, au cours de laquelle de nombreux soldats de l’armée régulière malienne furent massacrés. Selon l’Association Malienne des Droits de l’Homme (AMDH), 153 militaires du camp d’Aguelhoc ont été «égorgés ou tués avec une balle dans la tête »

La conséquence directe du coup d’Etat du 22 mars 2012 a été l’affaiblissement de l’Etat et l’occupation des trois régions du nord (Tombouctou, Gao et Kidal) en quasiment trois jours par le MNLA et les groupes salafistes d’AQMI, du MUJAO, d’An Sardine et de Boko Haram.

L’intervention de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) dès le début de la crise et par la suite de la Communauté Internationale ouvre la voie à une période de transition de 18 mois au cours de laquelle le pays retrouve une légitimité internationale.

 La signature des Accords d’Alger pour la Paix et la Réconciliation au Mali entre l’Etat malien et le MNLA et la Haut Conseil pour l’Unité de l’Azawad (HUCA) a lieu le 20 juin 2015, presque deux ans après le second tour de l’élection présidentielle évitant ainsi la scission du pays entre le nord et le sud.

Les Accords d’Alger prônent la décentralisation comme solution ultime. Cependant, le pays n’a pas encore retrouvé la paix et l’Etat malien n’est pas encore en mesure de déployer ses forces militaires au nord. Bien au contraire, l’extrémisme religieux s’étend au détriment des droits des femmes et de la liberté de culte. A ces maux viennent s’ajouter la crise du système éducatif, le chômage des jeunes ainsi que la corruption qui ne font que créer un terrain propice au recrutement des jeunes pour des fins terroristes.

Tout en appelant de ses vœux le retour définitif de l’administration et de l’armée malienne dans les trois régions du nord, la Directrice Générale de l’IAO pour conclure s’est dite convaincue que la seule voie pour y parvenir est le dialogue, la justice et la réconciliation entre tous les fils et toutes les filles du pays. Elle a affirmé que la situation sécuritaire pouvait être améliorée avec l’aide de la formation militaire en cours dans le pays qui sera bientôt renforcée avec l’expertise allemande afin de pouvoir faciliter le déploiement de l’armée régulière au nord du pays et imposer la paix par la voie pacifique.

En ce qui concerne les menaces terroristes dans le septentrion malien, les autres régions du Mali  y compris Bamako, la capitale et l’ensemble des Etats du Sahel, une coopération régionale voire internationale reste une des pistes les plus crédibles à explorer.

Les questions et les contributions ont essentiellement porté sur la nature de la rébellion, le rôle de la CEDEAO et des pays voisins du Mali dans la résolution de la crise, la poussée djihadiste au Mali, les conditions des femmes maliennes et les perspectives pour la paix.

La Directrice Générale de l’IAO effectue une Visite d’Echanges à l’Université Helmut Schmidt / Université de la Bundeswehr de Hambourg

Presentation der UNI StaackLa Directrice Générale de l’Institut de l’Afrique de l’Ouest (IAO) a effectué les 15 et 16 novembre 2015 une visite d’échanges à l’Université Helmut Schmidt / Université de la Bundeswehr de Hambourg sur l’invitation du Directeur de l’Institut de Recherches sur les Relations Internationales, Prof. Dr. Michael Staack.

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La Directrice Générale de l’IAO présente une contribution à l'Atelier Régional sur «Culture, Histoire et Idées : Re-évaluer le Panafricanisme » Dakar, Sénégal, 16 - 17 Octobre 2015

Group picL'atelier de deux jours sur le thème : «Culture, Histoire et Idées : Re-évaluer le panafricanisme» était co-organisé par l'École Supérieure pour le Développement de la Politique et de la Pratique de l'Université de Cape Town (UCT - Afrique du Sud) et le Conseil pour le Développement de la Recherche en Sciences Sociales en Afrique (CODESRIA). La rencontre faisait partie d'une série de discussions sur le thème de l'intégration économique africaine, facilitée par le programme Construire des Ponts de l’Ecole Supérieure pour le Développement de la Politique et de la Pratique de l’UCT.

La réunion représentait une contribution aux réflexions critiques sur le fondement culturel et historique de l'intégration régionale en Afrique à travers les sept thèmes suivants :

  • Histoires régionale versus histoires nationales
  • Le problème de la langue et de l'intégration
  •  Culture populaire et Pan-africanisme
  • Littérature africaine et l'identité africaine
  • Préservation de la culture
  • Ethnicité, nationalisme et Pan-africanisme
  • Renaissance africaine et Pan-africanisme

Dans sa présentation se rapportant au thème «Littérature africaine et Identité africaine», le Professeur Djénéba Traoré a tout d'abord donné une définition du terme Pan-africanisme:«Mouvement, fondé vers 1900, pour garantir l'égalité des droits, l'autonomie, l'indépendance et l'unité des peuples africains. Inspiré par Marcus Garvey, il a encouragé la prise de conscience de la part des Africains en encourageant l'étude de leur histoire et de leur culture. Leadership venu des Amériques jusqu'au sixième congrès panafricain, à Manchester, au Royaume-Uni, en 1945, qui a vu l'émergence de figures nationalistes africaines, telles que Kwame Nkrumah et Jomo Kenyatta, avec un programme sur«l'autonomie et l'indépendance» de l'Afrique. Avec l'indépendance, cependant, le concept d'une Afrique politiquement unie fut bientôt remplacé par l'affirmation au sein des frontières coloniales et des  intérêts nationaux de la concurrence ». (Source: http://www.answers.com/topic/pan-africanism(traduit de l’anglais par l’auteur).

 Professeur Traoré a ensuite déclaré que, bien que la littérature africaine sub-saharienne soit très diversifiée, elle présente des similitudes, le dénominateur commun des cultures des pays africains étant sans aucun doute la tradition orale, à quelques exceptions près, comme chez les communautés swahilies vivant sur la côte est-africaine. Elle a également indiqué que l'écriture en Afrique Noire a débuté avec l'introduction de l'alphabet arabe au Moyen Age et de l'alphabet latin à l'époque coloniale à la fin du 19ème siècle. A partir de 1934, avec la naissance d’une part,  de la "Négritude" courant philosophique et littéraire dans les colonies francophones et d’autre part, de la «Théorie de la Personnalité Africaine» dans les colonies anglophones, les auteurs africains se sont mis à écrire en français ou en anglais de manière plus intensive. 

 Les principaux sujets qu'ils traitaient dans leurs romans, poèmes et nouvelles étaient surtout lafascination pour le mode de vie européen, comme par exemple: «Force Bonté» (1934) et «Karim» de Bakary Diallo (1935) ou «Mirage de Paris» (1937) de Ousmane Socé Diop. En 1946, la publication par des auteurs africains de la première anthologie internationale de poèmes en langue française et la création en 1947 de la revue «Présence Africaine» et d'autres comme «La Voix du Congolais» (1946), «Jeune Afrique» (1947) et «Black Orpheus» (1957) ont été les résultats de la nouvelle tendance philosophique et littéraire appelée Négritude dont les fondateurs sont le Martiniquais Aimé Césaire, le Sénégalais Léopold Sédar Senghor et le Guyanais Léon Gontran Damas.

Professeur Traoré a souligné que deux événements majeurs ont joué un rôle important dans le développement de la littérature africaine, notamment:

  • En 1956, le premier Congrès des écrivains et artistes africains, organisé à l'Université de la Sorbonne à Paris (France);
  • En avril 1966, le premier Festival mondial des Arts Nègres qui s’est tenu à Dakar, la capitale du Sénégal. Dès lors, le nombre des publications considérablement a augmenté.

En signe de protestation contre la tendance philosophique et littéraire de la Négritude, une littérature réaliste voit le jour en Afrique de l'Ouest dans les années 1960. Au lieu de se tourner vers l'ancienne puissance coloniale comme les auteurs de la Négritude le faisaient en peignant un tableau idyllique de l’Afrique, certains auteurs engagés s’adressent désormais aux lecteurs africains en s’attaquant aux réalités sociales et politiques postcoloniales négatives. Les principaux représentants de ce groupe étaient le Sénégalais Ousmane Sembène, l'Ivoirien Ahmadou Kourouma, les Camerounais Mongo Béti et Ferdinand Oyono. Dans leurs œuvres, ils tentent de décrire de manière critique la période des indépendances et de l’après-indépendance.

A partir des années 1960, de plus en plus d'Africains commencent à écrire. Des changements quantitatifs et qualitatifs ont pu être observés dans le domaine de la publication aussi bien dans les pays francophones qu’anglophones.

Dans l'épopée africaine (généralement récits et nouvelles), deux thèmes dominants peuvent être constatés:

  • Le retour à l'histoire du continent. A partir de l'expérience des années 1970 et 1980, certains auteurs explorent de nouveau les années trente, quarante et cinquante: par exemple Ousmane Sembène dans «Le dernier de l'empire» (1981), Francis Bebey dans «Le Roi Albert d'Effidi» (1976), Mongo Béti dans    «Remember Ruben» (1974) et «La ruine presque cocasse d’un polichinelle» ou «Remember Ruben 2" (1979) et pas en dernier lieu Mohamed-Alioum Fantouré dans «L'homme du troupeau du Sahel» (1979). Dans le même temps, les historiens africains commencent à écrire l'histoire de leur continent: notamment, Joseph Ki-Zerbo (Burkina Faso), Cheickh Anta Diop (Sénégal), Ibrahima Baba Kaké (Guinée Conakry), Amadou Hampaté Bâ, Bakary Kamian et Madina Ly Tall (Mali), Cheikh Anta Diop (Sénégal) et l'Afro-descendantIvan Van Sertima (Guyane).  
  • Après les désillusions des années 1970, les écrivains se tournent vers le présent immédiat de leurs pays. Ils ciblent dans leurs romans, avec différents style-méthodes, les questions de népotisme, enrichissement illicite, et le mode de vie luxueux de la bourgeoisie nationale et bureaucratique, mais aussi la pauvreté, le mauvais comportement (la corruption, la prostitution, la perte de l'identité culturelle), le chômage et la destruction de l'individu à travers le système politique. Cette situation est alarmante pour de nombreux auteurs comme Wole Soyinka (prix Nobel de littérature en 1986): ««Season of Anomy» 1973; Ousmane Sembène: «Xala», 1973; Mongo Beti: «Perpétue et l'habitude du malheur» («Remember Ruben I») 1974 et «La Ruine Presque cocasse d’un polichinelle» («Remember Ruben II») 1979.

Il est également important de mentionner l'extraordinaire réception du livre de Okot P'Bitek«Song of Lawino» (à l'origine écrit en Luo (Ouganda) et traduit en anglais en 1966)). Suite à la réception du livre, l'auteur publie en 1970 en anglais «Song of Ocol», une réponse du mari à sa femme Lawino qui se plaint parce que son mari a convolé en secondes noces avec une femme moderne dans la période qui a suivi l’indépendance du pays.

Après 1990, les thèmes abordés par les écrivains africains portent principalement sur les questions sociales et politiques comme entre autres, le mode de vie africain, la perte des valeurs culturelles, la dégradation des mœurs, le manque de démocratie, d'Etat de droit et de droits humains, la faillite des systèmes éducatifs, les inégalités sociales, l'injustice, la corruption, le rôle des femmes dans la société et leurs relations avec les hommes, les causes et l'impact des conflits armés, les guerres et le terrorisme.

En conclusion, le Professeur Traoré a souligné que les écrivains africains peuvent jouer un rôle majeur dans la consolidation de l'identité africaine et qu’étant donné l’important apport de la diaspora africaine dans la lutte pour la dignité des peuples Noirs à travers le monde, l’'unité africaine ne pourra pas être réalisée, si un pont n’est construit entre le continent africain et sa diaspora.

 

Exposé sur le thème de la politique d’Immigration de l’EU envers l’Afrique à l’Université de Helmut Schmidt / Université de la Bundeswehr de Hambourg

BEN ABASur l’invitation de Prof. Dr. Phil. Michael Staack, Directeur de l’Institut de Recherches sur les Relations Internationales de l’Université Helmut Schmidt / l’Université de la Bundeswehr de Hambourg, le coordinateur du projet de recherche IAO-ZEI entre l’Institut de l’Afrique de l’Ouest (IAO) et le Centre de Recherches sur l’Intégration européenne (ZEI), Ablam Benjamin Akoutou, a fait une communication le 16 Novembre 2015 sur son livre « Die europäische Migrationspolitik gegenüber Afrika im Spannungsfeld zwischen sicherheits- und entwicklungspolitischen Ansprüchen und Wirklichkeiten» (La politique européenne d’immigration africaine : Sécurisation et divergences entre théories et mise en application»  Akademiker Verlag, Osnabrück 2014),

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La Directrice Générale de l’IAO participe à la Conférence Internationale : «De HEEFA à ODD4: Construisons sur les Acquis» 8 – 9 Octobre 2015, Barcelone, Espagne

AIU IAU LogoConclusions et Recommandations de Barcelone 

La réunion de deux jours organisée par l'Association Internationale des Universités (AIU), en partenariat avec la Fondation Jaume Bofill a réuni environ 60 personnes de 29 pays avec tous les continents représentés. Les participants étaient des membres du Groupe de Référence de l'AIU-HEEFA (Enseignement Supérieur pour l'Education pour Tous), des représentants des membres de l'AIU, des personnes invitées par la Fondation Jaume Bofill, et un représentant de la Section de l'Enseignement Supérieur de l'UNESCO à Paris, France. 

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