Exposé sur le thème de la politique d’Immigration de l’EU envers l’Afrique à l’Université de Helmut Schmidt / Université de la Bundeswehr de Hambourg

BEN ABASur l’invitation de Prof. Dr. Phil. Michael Staack, Directeur de l’Institut de Recherches sur les Relations Internationales de l’Université Helmut Schmidt / l’Université de la Bundeswehr de Hambourg, le coordinateur du projet de recherche IAO-ZEI entre l’Institut de l’Afrique de l’Ouest (IAO) et le Centre de Recherches sur l’Intégration européenne (ZEI), Ablam Benjamin Akoutou, a fait une communication le 16 Novembre 2015 sur son livre « Die europäische Migrationspolitik gegenüber Afrika im Spannungsfeld zwischen sicherheits- und entwicklungspolitischen Ansprüchen und Wirklichkeiten» (La politique européenne d’immigration africaine : Sécurisation et divergences entre théories et mise en application»  Akademiker Verlag, Osnabrück 2014),

L’intervention se tenait dans le cadre d’un séminaire universitaire des relations internationales intitulé « La politique externe de la République Fédérale de l’Allemagne. Le séminaire a enregistré la présence effective d’officiers en formations et des collaborateurs scientifiques de l’Université.

Après avoir remercié son hôte, l’auteur a entamé la présentation avec une citation de Martin Luther King qui illustre bien la couverture du livre à savoir : « Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères ou périr ensemble comme des imbéciles ».[1] Inutile de rappeler que le thème de la migration fait la une des médias depuis la crise migratoire.

Book ABAAinsi, dans son introduction à la thématique, l’auteur a fait la remarque que depuis quelques décennies et surtout dans le contexte de cette crise migratoire, le phénomène de la migration est devenu un thème fort politisé et fait l’objet de discussion au niveau de toutes les couches des sociétés. Il souligne la particularité de la mobilité humaine qui fait que son absence au cours d’une période paraît aussi extraordinaire que sa montée. La forte mobilité des personnes provoque aujourd’hui, partout dans le monde, une simultanéité de la promotion de la mondialisation et un retour au local, au national. Les état-nations ainsi que les institutions internationales élaborent des règles et construisent des infrastructures favorisant la circulation de l’argent, des biens et surtout des matières premières tout en souhaitant limiter la mobilité des personnes.

En ce qui concerne la migration africaine vers l’Europe, l’auteur a montré avec l’aide des chiffres que l’attention qu’offrent les médias à la migration africaine vers l’Europe n’est pas en relation avec les chiffres. En effet, bien que il est conseillé de ne pas prendre les chiffres à la lettre, le nombre des africains vivant en dehors de leur pays natal est estimé à environ 3 % de la population africaine et seulement 1 % des africains émigrent dans l’Europe (UNDP 2009). Rappelons qu’en 2013, l’Organisation Internationale de la Migration (OIM) estime les migrants internationaux à 3% de la population mondial, en chiffre 232 Million de personnes.

S’agissant des facteurs qui déterminent la migration africaine vers l’Europe, l’auteur a sélectionné la démographie galopante de l’Afrique, l’économie exsangue qui n’arrive pas à absorber les jeunes, la gouvernance politique qui empêche les jeunes de rêver d’un futur meilleur au pays et enfin les changements climatiques qui détruit l’existence des pays déjà démunis. Dans le cas de l’économie africaine, l’auteur plaide pour la révision de la chaîne de production car, les pays africains, en étant fiers d’être premiers producteurs de matières premières, ils exportent aussi avec fierté le travail de ses jeunes. La promotion et maintenance de cette chaine de production explique, en partie, la migration des jeunes vers les régions où ses matières premières créent du travail.

L’auteur a axé sa présentation sur le chapitre 4 de son livre où il a procédé à la déconstruction de l’extrême  politisation  de la politique d’immigration de l’EU. L’auteur se base sur la théorie de « sécurisation » développée autour des auteurs comme Ole Waever, Buzan, Barry et de Wilde, Jaap de l’école linguistique de Copenhagen. L’origine de cette théorie est vient de l’insatisfaction liée au terme de la sécurité au sens large qui aboutit à un désir de sécurité insatiable. A ce niveau, Il ne devient pas seulement difficile de faire une différence entre sécurité perçue et sécurité réelle, mais il devient également impératif de trouver pour tout problème sécuritaire une solution, car l’absence de la solution fait naître l’insécurité. Il en résulte que les 25 ans de politique dissuasive européenne n’a conduit qu’à la perte du contrôle des flux migratoires. En plus, cette dernière ne reflète pas le rôle de la migration comme moteur du développement - dont les pays d’origine et de destination ne peuvent pas se passer - mais rend au contraire les migrants plus vulnérables.

Loin de plaider pour un monde sans frontières, l’auteur appelle à la démystification de l’Europe et à la décentralisation des chaines de productions, si l’Europe veut réduire la pression de la migration qui pèse sur elle. La démystification de l’Europe devrait être différente de la « politique-rester-à-la-maison », et devrait permettre que politiquement, économiquement, du point de vue environnemental, l’Europe ne soit pas la seule alternative aux jeunes Africains.


[1] Martin Luther King: “We must learn to live together as brothers or perish together as fools”

 

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